Caroline Manville and Béatrice Siadou-Martin (2005)
La justice perçue, un cadre d’analyse pertinent des relations d’échange ? Regards croisés de la gestion des ressources humaines et du marketing
18ième Journées Nationales des IAE.
Nous avons pour objectif de montrer la pertinence du cadre d’analyse de la justice perçue pour les sciences de gestion. Cette communication s’attache à mettre en relief les utilisations et les apports de la justice perçue, plus particulièrement, pour deux domaines : la gestion des ressources humaines et le marketing.
La première partie de ce travail consiste à proposer un état de l’art des théories de la justice organisationnelle. Cette présentation débouche sur une proposition d’une typologie de ces théories. Cette dernière les sépare en fonction de leur nature instrumentale ou interpersonnelle. De même, elle permet de distinguer les approches réactives et proactives de la justice. Cette typologie présente donc l’aspect cumulatif de la construction du concept de justice ce qui offre la possibilité d’une appréhension globale des attitudes et des comportements des personnes. En effet, les individus ne sont pas seulement guidés par les intérêts économiques et monétaires de l’interaction avec l’entreprise mais ils valorisent la relation pour elle-même.
La deuxième partie de ce travail est consacrée aux conséquences des perceptions de justice. Nous nous focalisons donc sur une approche réactive de la justice. De plus, nous adoptons une approche transdisciplinaire qui met en évidence les principales études relatives aux perceptions de justice en gestion des ressources humaines et en marketing. Ceci nous permet de dégager deux grandes tendances des recherches. D’une part, l’évaluation de justice est de plus en plus large. Ainsi, les situations sont envisagées au travers du prisme de la justice distributive et/ou procédurale et/ou interactionnelle. D’autre part, l’élargissement des critères de jugement induit également celui de l’éventail des réactions étudiées.
Des points communs mais aussi des spécificités propres aux deux disciplines étudiées sont mis en évidence. Ceci permet d’envisager l’approfondissement de problématiques déjà soulevées, et de formuler des perspectives de recherche pour la justice organisationnelle dans les deux champs étudiés.